Quand on part en voyage en famille, embarquer un 600mm f/4 dans le sac à dos n’est tout simplement pas une option. Mais renoncer à photographier la faune sauvage du Costa Rica non plus. C’est dans ce contexte bien particulier – deux semaines dans le nord du pays et dans la forêt tropicale, avec la photo en mode secondaire mais sans faire de compromis – que j’ai utilisé le Tamron 150-500mm f/5-6.7 Di III VC VXD en monture Z, loué chez Gosselin Photo pour l’occasion.
Résultat : une belle surprise, et un ratio qualité/poids/encombrement/prix que je n’attendais pas à ce niveau!
Présentation de l’objectif
Le Tamron 150-500mm f/5-6.7 Di III VC VXD est un téléobjectif zoom conçu nativement pour la monture Z de Nikon. Ce n’est pas un objectif de première ligne en termes de luminosité (le f/6.7 à 500mm le rappelle) mais ce n’est clairement pas son positionnement. Tamron mise ici sur un compromis agressif : une plage focale très polyvalente, un poids contenu (environ 1 725 g), et un prix nettement inférieur aux solutions équivalentes chez Nikon.
Pour situer : mon téléobjectif de référence précédent était un Nikkor 300mm f/2.8 en monture F, utilisé en photo de concert.
Passer à 500mm en monture Z native, dans un gabarit qu’on range au fond d’un sac à dos de randonnée, représente un changement d’approche assez radical. Parfait pour un voyage « assez léger » dans un contexte de vacances.


Prise en main et ergonomie sur le terrain
L’objectif est compact pour sa catégorie. Il est lourd (ca reste un long objectif pour la photo animalière) mais il entre dans un sac à dos standard sans faire de compromis dramatiques sur le reste du chargement. C’est un point non négligeable quand on marche plusieurs heures en forêt tropicale avec de jeunes enfants.
Pour vous donner une idée, j’ai pu entrer dans un sac Peak Design Everyday de 20L cet objectif, plus une 24-70mm f/4 et ma Nikon Z6iii sans problème. Parfait pour ranger le sac sous mes jambes dans l’avion!
La bague de zoom est fluide, la bague de mise au point réactive. Le pare-soleil en baïonnette est solide et se rétracte facilement pour le rangement. Rien à redire sur la finition générale.
Un bémol cependant, et il est de taille : le pare-soleil. C’est probablement la pire conception que j’ai vue sur un objectif. Le système de verrouillage en baïonnette est si peu intuitif qu’il m’est arrivé de ne jamais réussir à l’installer correctement sur le moment. Tamron ferait bien de revoir sérieusement ce détail sur une prochaine version.

Autofocus : la bonne surprise
C’est probablement le point qui m’a le plus agréablement surpris. Le moteur VXD (Voice-coil eXtreme-torque Drive, bonjour les acronymes complexes…) de Tamron livre une mise au point rapide et silencieuse. Sur des sujets statiques ou semi-statiques, que ce soit un toucan posé dans un arbre, un singe hurleur à contre-jour, des aras rouges sur la plage, l’AF est quasi-irréprochable.
Sur des oiseaux en vol rapide, notamment les colibris, quelques ratés sont à noter. Mais pour être honnête, il serait injuste d’attribuer ces échecs uniquement à l’objectif : photographier un colibri en vol à 500mm est un exercice de haute voltige dans les meilleures conditions. En comparaison avec les autres objectifs Z natifs que je possède, le comportement de l’autofocus du Tamron est tout à fait dans la norme. Je ne le trouve pas pénalisé par sa nature tierce partie.
La détection de sujet animaux du Z6 III fait évidemment le reste du travail et l’association boîtier/objectif fonctionne très bien.
Qualité d’image et luminosité
À 500mm, le f/6.7 impose une contrainte réelle en forêt dense, où la lumière est souvent filtrée par la canopée. Mais le Z6 III compense largement : monter à ISO 3200 voire 4000 sans dégradation significative du bruit permet de maintenir une vitesse d’obturation suffisante pour geler le mouvement. C’est là que le combo boîtier + objectif prend tout son sens.
La netteté au centre de l’image à 500mm est bonne. On perd un peu en périphérie en pleine ouverture, mais un léger recadrage ou une utilisation à f/8 règle le problème dans la grande majorité des situations. Les aberrations chromatiques restent maîtrisées pour un objectif de cette gamme de prix.
Les images de toucans, de singes araignées, et d’aras rouges que j’ai ramenées sont nettes, détaillées, et exploitables y compris pour un usage sur écran haute résolution ou en tirage modéré.
Stabilisation : le duo VC + IBIS du Z6 III
Toutes mes prises de vue ont été réalisées à main levée, sans monopode ni trépied. Sur deux semaines, c’est un choix qui exige une vraie confiance dans la stabilisation.
Le Tamron embarque son propre système VC (Vibration Compensation), qui se coordonne avec le système IBIS 5 axes du Nikon Z6 III. Le résultat sur le terrain est impressionnant : à 500mm, main levée, il est possible d’obtenir des images piquées à des vitesses qu’on n’oserait pas envisager avec un objectif non stabilisé. C’est un avantage décisif pour la photo animalière en voyage, où on n’a souvent pas le temps de sortir un support.
La plage focale 150-500mm en pratique
La question que je me suis posée souvent : est-ce que 500mm est suffisant pour la photo ornithologique au Costa Rica ?
Réponse honnête : souvent oui, parfois non. Pour les espèces de taille moyenne à grande c’est confortable. Pour les petits motmot ou les colibris dans la végétation, j’aurais aimé 100mm de plus. Mais un objectif plus long aurait rendu le voyage bien différent.
Le 150mm côté grand-angulaire est une vraie valeur ajoutée pour retrouver un sujet en mouvement rapide. Partir à 150mm, localiser l’oiseau, puis zoomer vers 500mm est beaucoup plus efficace que de chercher à 500mm d’emblée avec un champ de vision réduit. Une technique qui s’apprend vite et qui sauve beaucoup de photos.

Pour qui est cet objectif ?
Le Tamron 150-500mm Z s’adresse clairement à deux profils qui se recoupent souvent :
- Le photographe voyageur qui veut une longue focale capable de photographier la faune sans sacrifier la mobilité ni exploser le budget bagages. Dans ce contexte, c’est difficile de faire mieux dans cette gamme de prix.
- L’amateur de nature et d’ornithologie qui sort régulièrement sur le terrain et cherche un objectif polyvalent, utilisable à main levée, sans avoir à débourser le prix d’un Nikkor Z 400mm ou 600mm.
Ce n’est pas l’objectif du photographe animalier professionnel qui ne jure que par f/2.8 ou f/4 et les 800mm. Mais pour tous les autres, le rapport performance / encombrement / prix est difficilement contestable.
Conclusion
Deux semaines au Costa Rica avec le Tamron 150-500mm Z sur le Nikon Z6 III m’ont convaincu de la pertinence de cet objectif dans un usage voyageur orienté nature. L’autofocus est à la hauteur, la stabilisation combinée au IBIS du boîtier est un atout majeur pour la prise de vue à main levée, et la qualité d’image est solide malgré le f/6.7 à 500mm — la montée en ISO du Z6 III faisant le reste.
Le fait de l’avoir loué chez Gosselin Photo pour ce voyage spécifique était une excellente décision : tester l’objectif en conditions réelles avant un éventuel achat, sans engagement. Si vous hésitez, c’est une option à considérer sérieusement avant de sortir le portefeuille.
Je n’ai pas encore utilisé le Nikkor Z 180-600mm pour comparer directement, mais si le Tamron est à ce niveau de qualité à ce prix, Nikon a du souci à se faire sur ce segment!













